Cet article est un extrait du troisième chapitre de mon livre « Connectés, mais dirigés par l’Esprit : Le numérique et l’IA au service d’une foi responsable ».
Face à l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle, l’Église ne peut se contenter d’une posture de réaction ou de rejet comme cela a été le cas par le passé face à chaque innovation. Elle est appelée à engager une réflexion théologique approfondie sur ces outils, non seulement en considérant leurs fonctions, mais également en scrutant ce qu’ils révèlent de notre humanité, ce qu’ils engendrent dans nos cœurs, et surtout, la manière dont ils s’inscrivent dans le grand récit de l’histoire du salut.
Comme l’illustre la figure suivante, l’heure n’est ni au conformisme ni à la passivité, mais à un engagement chrétien authentique et à une transformation radicale par la Parole de Dieu.

Pour établir les fondements de ce chapitre, tentons d’abord de définir certains concepts clés et d’explorer les manifestations de la technologie dans les Écritures.
Comprendre les concepts
Nous proposons de définir trois concepts clés dans cette section : théologie, technologie et théologie de la technologie.
Qu’est-ce que la théologie ?
Étymologiquement, le terme théologie est composé de deux termes grecs : theos, qui signifie ‘Dieu’, et logos, qui peut se traduire par ‘étude’ ou ‘discours’. De cette origine, la théologie est définie comme l’étude de Dieu ou, de manière plus précise, un discours rationnel et structuré sur la personne de Dieu.
La théologie est une discipline qui cherche à comprendre la nature de Dieu et sa relation avec le monde.
Cette étude est rendue possible par le fait que Dieu s’est révélé à l’humanité de diverses manières : la nature, l’histoire, la conscience, l’Écriture et Jésus-Christ. La notion de révélation est absolument fondamentale en théologie. En effet, elle implique que c’est Dieu qui, par un acte délibéré et souverain, vient à la rencontre de l’humanité, et non l’inverse. L’humanité ne s’efforce pas d’atteindre Dieu par ses propres moyens, mais répond à une initiative divine.
D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous des théologiens, amateurs ou professionnels (académiciens), car nous tentons de comprendre les actes de Dieu à travers les différents modes de révélation susmentionnés. Même les athées s’engagent dans une forme de théologie, dans la mesure où ils fondent leur conviction sur la non-existence de Dieu.
Dans la théologie chrétienne, Jésus est considéré comme la théologie même de Dieu, l’expression la plus élevée de Sa révélation. Il convient donc pour nous d’explorer comment Dieu s’est révélé à travers l’évolution de la technologie, en partant du livre de la Genèse.
Qu’est-ce que la technologie ?
Le mot technologie vient de deux mots grecs : Tekhnē (τέχνη), qui signifie « art », « compétence », « artisanat » ou « savoir-faire », et Logos (λόγος), qui se traduit par « discours », « étude » ou « traité ». Étymologiquement, il s’agit donc d’un traité sur un art ou d’une étude des techniques.
La technologie est un concept vaste englobant l’ensemble des techniques, outils, méthodes et procédés employés pour concevoir, améliorer et appliquer des connaissances dans divers domaines tels que l’agriculture, la santé, l’industrie, l’artisanat, la communication et l’éducation.
En d’autres termes, la technologie inclut tous les outils, machines, ustensiles, armements, instruments, logements, vêtements, dispositifs de communication et de transport, sans oublier les compétences nécessaires à leur production et leur utilisation.
Alors que la technique est axée sur l’exécution pratique d’actions spécifiques, la technologie, quant à elle, englobe un cadre plus vaste incluant la science sous-jacente à ces techniques. Dans ce contexte, la technologie peut être envisagée comme une application systématique des techniques basées sur des connaissances scientifiques.
La finalité de l’application pratique de ces connaissances techniques devrait être l’amélioration de la condition humaine sur terre et la résolution de ses défis.
La technologie n’est pas une réalité neutre. Elle est le fruit de l’intelligence humaine, laquelle est elle-même un reflet de Dieu. Par conséquent, ceux qui conçoivent les outils technologiques ne sont pas neutres sur le plan moral, philosophique et même spirituel. Voilà pourquoi l’IA suscite tant de questions, non seulement d’ordre éthique, mais également anthropologique. Dans leur résumé analytique du Document Occasionnel du Mouvement de Lausanne 76 intitulé « Foi chrétienne et technologie », Jonas Kurlberg et ses collègues soutiennent :
Une meilleure façon d’envisager l’amélioration de la relation entre la technologie et l’homme est de reconnaître que nos technologies sont chargées de valeurs. En d’autres termes, elles existent et sont utilisées en raison de certaines valeurs et façons de voir le monde, présentes dans la communauté humaine qui a créé cette technologie1.
Essayons à présent de saisir ce qu’est une théologie de la technologie.
Qu’est-ce qu’une théologie de la technologie ?
De manière stricte, une théologie de la technologie se définit comme une réflexion théologique sur la technologie. En d’autres termes, il s’agit d’une démarche visant à appréhender la pensée divine en relation avec le développement et l’usage des techniques des humains dans le processus de production de biens et de services.
De manière plus élaborée, la théologie de la technologie constitue une réflexion systématique sur la place, le sens et l’usage de la technologie à la lumière des convictions théologiques, en particulier dans la tradition chrétienne. Elle cherche à élucider comment les innovations techniques s’inscrivent dans le dessein de Dieu, comment elles influencent la condition humaine et quelles responsabilités éthiques elles impliquent pour les croyants.
| La technologie n’est pas une réalité neutre. Elle est le fruit de l’intelligence humaine, laquelle est elle-même un reflet de Dieu. |
Une théologie de la technologie se donne pour tâche de comprendre le rapport de l’humain avec la technologie (la machine) et la technique, tout en examinant le lien de Dieu avec l’humain qui en fait usage à travers le cours de l’histoire. Elle s’enracine dans le mandat culturel que Dieu a confié à l’homme, créé à Son image, pour transformer et gérer la création (Gen 1:26-28). Dans son article publié sur Logos intitulé « Comment la technologie s’inscrit dans l’histoire de Dieu », Stéphane Hamelin soutient cette idée en ces termes :
La fondation théologique de la technologie est enracinée dans l’image de Dieu (Gn 1:26–27 ; 5:1–2 ; 9:6) et le mandat de création (Gn 1:28–30 ; 2:15 ; Ps 8:5–8). Elle est intimement liée aux concepts de l’humanité en tant que porteurs de son image, représentants de l’autorité, de la créativité et des soins de Dieu à travers le mandat de création2.
Par conséquent, la théologie de la technologie interroge la nature humaine, la créativité, la responsabilité, la justice et le salut à l’ère des innovations techniques. Elle invite à discerner comment utiliser la technologie pour servir le bien commun, respecter la dignité humaine et glorifier Dieu.
La théologie de la technologie évalue non seulement les outils techniques et les inventions numériques, mais aussi et surtout propose une lecture théologique de leur origine, de leur finalité et de leur usage. L’une des questions fondamentales auxquelles elle tente de répondre est la suivante : comment la technologie peut-elle participer à l’épanouissement de la vie humaine et à la réalisation du projet divin pour le monde.
Les concepts essentiels étant établis, examinons succinctement l’histoire de la technologie à travers le prisme de la Bible.
L’histoire de la technologie à travers la Bible
La Bible n’est pas un manuel de technologie. Néanmoins, ce domaine ne passe pas inaperçu à travers ses pages. Dans l’article susmentionné, Stéphane Hamelin affirme :
La Bible ne fournit pas de chapitre et de verset qui nous indique directement ce que nous devons croire au sujet de la technologie. Néanmoins, les concepts théologiques qui la sous-tendent sont intégrés tout au long du récit biblique, qui s’étend de la création à la nouvelle création3.
Dans une perspective épistémologique, la première notion à prendre en compte lorsque l’on aborde la technologie à travers le prisme biblique est que Dieu est la source ultime de toute intelligence et de toute connaissance.
Dieu, Créateur et source de toute intelligence et de toute créativité
Comme nous l’avons déjà souligné à maintes reprises, la Bible affirme que Dieu a créé l’homme à Son image (Gen 1:26-27). Cela inclut notre capacité à penser et à raisonner ; à imaginer et à innover ; à créer et à transformer notre environnement.
Quand nous développons des outils, des machines et des systèmes, utiles à l’humanité, nous exerçons une forme de domination responsable sur la création (Gen 1:28). Lors d’un entretien réalisé par Jean-Benoît Harel à la Cité du Vatican, face aux interrogations portant notamment sur la tentation de toute-puissance où l’homme se prendrait finalement pour Dieu et sur la manière de faire de la place à Dieu dans ce processus, Étienne de Rocquigny, un expert catholique en algorithmes, affirme:
C’est le mystère de la co-création. Je pense que nous sommes co-créateurs à travers les algorithmes. La grandeur de notre vocation, c’est d’être vraiment co-créateur4.
Les grandes inventions, de la roue à Internet, peuvent être perçues comme l’expression du mandat que Dieu a conféré à l’humanité, consistant à développer le monde, à le cultiver et à le faire fructifier pour la gloire de Dieu et le bien-être d’autrui.
Ainsi, toute connaissance étant venue de Dieu, la capacité d’inventer et d’exploiter des technologies constitue une extension de la créativité humaine telle que voulue par le Créateur. La technologie est rendue possible parce que l’être humain est venu de Dieu. C’est pourquoi, dans les onze premiers chapitres de la Genèse, nous discernons des traces de technologie.
Les premiers innovateurs bibliques : Jubal et Tubal-Caïn
La Genèse nous présente les figures de Jubal et Tubal-Caïn, des pionniers dans leurs domaines respectifs, marquant le début de l’innovation humaine.
Jubal (Gen 4:21) est désigné comme l’ancêtre de tous ceux qui pratiquent la harpe et le chalumeau. Il incarne l’origine de la musique et des arts sonores.
Quant à Tubal-Caïn (Gen 4:22), descendant de Caïn, il fut un inventeur remarquable. Sa spécialité était la métallurgie : il forgeait des instruments d’airain et de fer. Ses compétences dans la fabrication d’outils et d’armes étaient cruciales pour la survie et le développement des communautés de l’époque. Cela a, en fait, marqué le début des avancées dans l’agriculture, la construction et la défense, symbolisant l’aube d’une nouvelle ère technologique.
Dans ce contexte, la Bible ne s’oppose pas à la technologie, pourvu que celle-ci soit mise au service de l’humanité de manière responsable. Dans le même résumé analytique du Document Occasionnel du Mouvement de Lausanne 76, il est écrit :
La Bible ne fait pas l’impasse sur la technologie, mais généralement ne la mentionne qu’en passant, à l’exception de certains aspects décrits de manière plus explicite. La technologie présente des aspects de notre humanité commune et éveille la curiosité sur le sens et le but de la vie. Elle pose également des questions sur ce que signifie être humain5.
Dans la logique de cette humanité commune, la notion de la chute constitue un élément essentiel à prendre en compte dans l’étude de l’histoire de la technologie à travers la Bible.
La chute : la perversion et la dérive de la technologie
Nos préoccupations éthiques et notre hésitation à faire usage de la technologie traduisent une réalité basique et évidente : nous vivons dans un monde déchu, et la technologie porte en elle le potentiel, le germe de la dépravation. Cela implique que le péché altère la nature des outils, les contenus numériques et les médias faits par la personne humaine.
Le chapitre 3 de la Genèse nous rapporte un épisode sombre dans l’histoire de l’humanité : la chute. Dans sa ruse, le Diable, incarné dans le serpent, dit à Eve : « mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (verset 5).
| La Bible ne s’oppose pas à la technologie, pourvu que celle-ci soit mise au service de l’humanité de manière responsable. |
La phrase clé ici est : vous serez comme des dieux. N’est-ce pas cette promesse à peine voilée que nous proposent certains penseurs de l’IA ? Il s’agit de déifier la machine, donnant à l’être humain une sensation d’omniprésence, d’omnipotence, d’omniscience et d’immortalité à travers des innovations scientifiques, comme les moyens de communication ultramodernes, l’ingénierie génétique, le stockage numérique, le big data, l’analytique, l’IA générative, etc.
Encore dans sa brillante présentation, disponible sur YouTube, le penseur chrétien irlandais, John Lennox, nous rapporte cette réflexion de Yuval Noah Harari, extraite de son livre « Homo Deus : A Brief History of Tomorrow » :
Il sera nécessaire de modifier notre biochimie et de repenser notre corps et notre esprit… afin que nous puissions repenser l’Homo sapiens pour qu’il puisse profiter d’un plaisir éternel. Après avoir élevé l’humanité au-dessus du niveau bestial de la lutte pour la survie, nous allons désormais viser à transformer les humains en dieux, et à faire de l’Homo sapiens un Homo Deus6.
Quelle arrogance ! L’agenda du 21e siècle de Harari est clair : une tentative sérieuse d’atteindre l’immortalité et une intensification de la quête du bonheur.
Comme l’a si brillamment souligné le Dr Lennox dans sa présentation, ces types de penseurs arrivent trop tard, car Jésus-Christ, par Sa résurrection d’entre les morts il y a plus de 2000 ans, a résolu le problème de l’immortalité.
Cette pensée de Stéphane Hamelin corrobore cette idée de toute-puissance qui imprègne ces types de courants de pensée : « Une grande partie de notre quête technologique tente de combler le fossé entre le fini et l’infini ; c’est-à-dire qu’elle cherche à être et à devenir semblable à Dieu7. » Or Dieu, par amour pour nous, a envoyé Jésus-Christ dans notre monde dépravé afin que nous puissions, sans aucun effort technologique, devenir semblables à Lui et vivre dans l’espérance de la résurrection de notre corps mortel.
Notre mandat de dominer la création est donc déformé au profit de l’adoration de notre propre invention et progrès scientifique. Une idée m’a particulièrement frappé dans la série Netflix The Travelers (Les Voyageurs). Un ‘voyageur’, membre de la ‘fraction’, cherchait à saboter ‘Le Grand Projet’ du ‘Directeur’ (qui est en réalité une machine). Le point soulevé était le suivant : Dieu a doté l’être humain d’une intelligence et de capacités énormes pour créer des machines. Pourtant, l’homme finit par créer ces machines et leur confie le contrôle de sa vie et de son destin. C’est en fait l’épisode du veau d’or qui est en train de se reproduire (Exode 32:1-14).
Considérons à présent l’épisode de la Tour de Babel, qui s’avère tout aussi révélateur à cet égard.
La Tour de Babel : la technologie sans Dieu
L’histoire biblique nous met en garde. L’humain, en raison du péché, a la capacité d’utiliser ses dons créatifs à des fins de rébellion, de contrôle, d’oppression ou d’idolâtrie.
L’exemple de la Tour de Babel (Genèse 11:1-9) est le reflet d’une philosophie moderne, d’une vision du monde en rébellion ouverte contre Dieu. Les hommes se sont rassemblés pour construire une tour ‘dont le sommet touche au ciel’, non pas pour honorer Dieu, mais ‘pour se faire un nom’ et éviter d’être dispersés.
Le terme Nom revêt ici une importance capitale. Le mot hébreu traduit par ‘nom’ est שֵׁם (shem), dont la translittération est Sem en français. Dans le contexte du passage, il signifie renommée, gloire, célébrité, réputation durable, identité. Ce qui mérite d’être souligné ici, c’est que c’est le même terme utilisé dans ce passage pour Sem, le fils aîné de Noé et l’ancêtre des peuples sémitiques. Cela signifie que l’initiative de la construction de la tour de Babel est de la descendance directe de Noé.
| L’humain, en raison du péché, a la capacité d’utiliser ses dons créatifs à des fins de rébellion, de contrôle, d’oppression ou d’idolâtrie. |
Ces gens avaient la technique (le bitume, en hébreu ḥemer, est une sorte de goudron ou d’asphalte, servant à coller les briques), l’ingéniosité, la même langue, ainsi qu’une détermination indéfectible, mais leur projet n’était pas soumis à la volonté de Dieu. En conséquence, Dieu a interrompu leur projet et confondu leur langage. La volonté de Dieu triomphe toujours.
La réaction divine ne signifie nullement que Dieu s’oppose à la technologie, aux progrès scientifiques ou à la construction de cités. Cependant, une observation attentive du texte révèle qu’il s’agit du mobile de cette génération post-diluvienne, à qui Dieu avait formellement ordonné de se disperser (Gen 1:28 ; 9:1). De surcroît, cette ambitieuse construction visait à glorifier le génie humain.
Ces individus aspiraient à laisser une empreinte indélébile dans l’histoire, tentant de faire descendre Dieu, c’est-à-dire atteindre le divin selon leurs propres termes. Ainsi, la tour se présentait comme un temple cosmique visant à attirer les faveurs divines par ses propres moyens, et à se forger un nom à travers cette entreprise, qui cherchait également à éviter la dispersion, puisque la tour était un point de rassemblement, à l’instar de tous les temples. Dieu est effectivement descendu, mais non pas pour flatter les hommes, mais pour déjouer leur plan.
Le récit de la Tour de Babel illustre le double tranchant d’un langage universel : il peut constituer une formidable force d’unité et d’ambition, mais aussi engendre un chaos futur. De manière frappante, cette analogie se transpose à notre ère numérique, où les langages de programmation et les protocoles internet forment un nouveau langage commun, permettant à l’humanité de collaborer à une échelle sans précédent. Cette unité, cependant, n’est pas exempte d’ambiguïté.
| Jésus-Christ, par Sa résurrection d’entre les morts il y a plus de 2000 ans, a résolu le problème de l’immortalité. |
Tout comme les bâtisseurs de Babel, notre monde numérique, à travers ses géants technologiques, érige des ‘tours’ de pouvoir centralisé. Ironiquement, cette même unité s’accompagne d’une fragmentation croissante. La multitude de langages de programmation, de plateformes et de dialectes numériques crée des divisions, reléguant ceux qui ne les maîtrisent pas à une nouvelle forme d’exclusion.
En fait, la ‘tour’ que nous érigeons aujourd’hui avec le code reflète la même ambition et les mêmes risques de dispersion que la tour de Babel, nous rappelant que l’unité linguistique est une puissance à double tranchant.
La leçon que nous pouvons tirer aujourd’hui est claire : la technologie sans Dieu mène à l’orgueil, à la division, à la confusion et à la ruine. En d’autres termes, toute technologie fondée sur l’arrogance, en rébellion contre le projet de Dieu, est vouée à l’échec. Ironiquement, ce qui aurait dû être une réputation (faisons-nous un nom) est resté dans l’histoire comme une confusion, ce que signifie précisément Babel. C’est ce que nous nous efforçons d’illustrer à travers cette figure.

Alors, la question n’est pas : ‘Peut-on le faire ?’ mais : ‘Doit-on le faire ? Est-ce que cela glorifie Dieu ? Remarquez bien que plus tard, comme l’évoque le Dr Lennox, après le drame de Babel, dans Genèse chapitre 12 verset 2, c’est Dieu Lui-même qui fit la promesse à Abraham de rendre son nom grand. La réputation doit émaner de Dieu et pour la gloire de Son grand nom. Qu’en est-il du Roi Ozias ?
Roi Ozias et technologie : Puissance et orgueil
Le passage de 2 Chroniques 26 versets 11 à 15 nous rapporte que le roi Ozias procura à son armée des boucliers, des lances, des casques, des cuirasses, des arcs et des frondes. Au verset 15, il est mentionné qu’il fit faire à Jérusalem des machines inventées par un ingénieur, et destinées à être placées sur les tours et sur les angles, pour lancer des flèches et de grosses pierres.
Le texte poursuit en affirmant que la renommée du roi Ozias s’étendit au loin, car il fut merveilleusement soutenu jusqu’à ce qu’il devînt puissant.
Dans son royaume, Ozias disposait de toutes les ressources nécessaires pour moderniser son armée. Sa technologie militaire lui conférait une puissance considérable. Il ne fut pas seul dans son projet, l’armée était avec lui. Ozias avait même dans son royaume un prophète, Zacharie, un homme doté d’intelligence des visions de Dieu, auprès de qui il alla solliciter la guidance de Dieu (verset 5).
Cependant, le verset 16 nous montre tristement où son immense pouvoir le conduisait : « Mais lorsqu’il fut puissant, son cœur s’éleva pour le perdre. Il pécha contre l’Éternel, son Dieu… » Le roi se croyait tout permis en bafouant l’ordre de la sacrificature établie par Dieu.
Le cas du Roi Ozias nous montre une tendance humaine à reléguer Dieu au second plan lorsque les progrès « technologiques et scientifiques » sont au rendez-vous. Quand la technologie confère honneur, puissance et gloire, cela peut engendrer l’orgueil, l’autosuffisance et pire encore, la rébellion contre Dieu. C’est là que le jugement de Dieu s’abat. Ainsi, rien de nouveau sous le soleil.
En résumé
En résumé, la technologie est un don de Dieu. Elle reflète notre capacité à créer, à raisonner et à inventer, des traits que nous portons parce que nous avons été faits à l’image de Dieu. Cependant, comme tout don, elle peut se transformer en piège insidieux. Lorsque la technologie cesse d’être un outil au service de Dieu pour devenir une obsession, un refuge ou une fin en soi, elle glisse subtilement vers l’idolâtrie.
| Derrière chaque outil se dissimule une philosophie, une vision du monde, un projet de société. |
Notre créativité vient de Dieu, certes, mais sans discernement, elle peut nous égarer. Ce discernement, c’est le Saint-Esprit, ainsi que la connaissance et l’application de Sa Parole qui peuvent véritablement nous le conférer.
Pour lire l’intégralité du chapitre et en savoir davantage, je vous recommande vivement le livre « Connectés, mais diriges par l’Esprit« .

un guide essentiel pour naviguer avec sagesse et discernement. Loin de rejeter la
technologie, il nous rappelle qu’il s’agit d’un outil puissant, capable de servir la
mission de Dieu ou de nous en éloigner si nous ne sommes pas vigilants. Pasteur
Etienne nous invite à ancrer notre identité non pas dans notre image en ligne, mais
dans notre relation avec le Christ, et à utiliser le numérique de manière
responsable. Ce livre est un appel à être des disciples connectés au ciel avant d’être
connectés à la terre, en utilisant les outils modernes pour rayonner l’Évangile sans
jamais sacrifier notre foi ou la relation vivante que nous avons avec Jésus-Christ.
Dr. Lesly Jules, Auteur de « Objections Rejetées et Raisonnements Renversés »
Directeur Régional LAC & Afrique de l’Ouest avec HOPE International
Caroline du Nord, USA
Notes
1. Jonas Kurlberg et al., « Foi chrétienne et technologie : Note de synthèse », Lausanne Movement, 28 juin 2024,
https://lausanne.org/fr/note-de-synthese/note-de-synthese-foi-chretienne-et-technologie.
2. Stéphane Hamelin, « Comment la technologie s’inscrit dans l’histoire de Dieu », Logos,
3. Ibid.
4. « Face à l’intelligence artificielle, “l’Évangile a tant de choses à dire” » , Entretien réalisé par Jean-Benoît Harel, Vatican News, Cité du Vatican, 14 juin 2024,
5. Jonas Kurlberg et al., « Foi chrétienne et technologie : Note de synthèse », op.cit. (Référence 1 du chapitre).
6. John Lennox, « Is AI a Threat or a Promise? », op. cit. (Référence 3 du chapitre 2).
7. Stéphane Hamelin, « Comment la technologie s’inscrit dans l’histoire de Dieu », op.cit. (Référence 2 de l’article).